A cause de Kanako…

A l’automne 2014, j’attendais avec impatience le dernier opus du réalisateur japonais Tetsuya Nakashima: 乾き/The world of Kanako. Nakashima m’avait enthousiasmé avec des oeuvres sidérantes telles que Memories of Matsuko ou Confessions, et avec le casting annoncé (Koji Yakusho, Miki Nakatani, Joe Odagiri…) je me disais que le film s’annonçait prometteur.

Je suis sorti éreinté de la séance, un tourbillon, des phases d’accélération qui laissent à peine le temps de digérer l’information, un déluge graphique et une descente infernale dans les recoins les plus sombres de l’âme humaine. Pour avoir vu le film quatre fois, je suis formel, c’est l’oeuvre cinématographique la plus misanthrope qu’il m’ait été donné de voir. Et il y avait Kanako…

Une certaine Nana Komatsu? Quoi? Comme le personnage de manga? Une recherche rapide me permettait alors d’apprendre qu’elle était un jeune mannequin et que c’était là son premier rôle dans un long métrage. Et quelle performance! Je me demandais comment une jeune fille de 18 ans avait pu interpréter un personnage aussi monstrueux et dénué de toute conscience, compassion et humanité avec une telle aisance.

Les critiques furent tout autant surpris que moi et la jeune débutante se trouva élevée au rang de prodige avec en prime un Japanese Academy Award l’année suivante.

boxset

Par la suite, j’ai suivi sa carrière avec plus ou moins d’assiduité, je remarquais qu’elle embellissait au fil des mois et que sa carrière de modèle allait bon train la propulsant au rang de célébrité appréciée des jeunes japonais.

Cependant, sur le plan cinématographique, c’était un peu décevant. Je me suis ennuyé avec Close Range Love, une romance assez mièvre, le très populaire ‘Kurosaki kun no iinari ni nante naranai’ ne m’a pas enthousiasmé non plus même s’il faut reconnaître qu’elle y est assez drôle et tire bien son épingle du jeu. Ajoutons à cela des petits rôles assez anecdotiques dans Bakuman et Prophecy…

Il fallait être un peu patient, petit scarabée, car l’année 2016 fut riche en très agréables surprises: un drama passionnant avec Rinko Kikuchi (Yume wo ataeru), 4 films japonais tous très différents (Hero Mania, Destruction Babies, Drowning Love, My Tomorrow/Your Yesterday) et un petit rôle qui fit pas mal de bruit dans Silence d’un certain Martin Scorsese. Comédie, film indé , drame, romance, film historique, Nana Komatsu s’est essayée avec audace à tous les genres et a fait la preuve de sa polyvalence et de son excellence.

Un jeu sobre, précis et juste avec parfois de surprenantes explosions qui lui permettent d’exprimer rage, chagrin et violence avec une force insoupçonnée. J’étais définitivement conquis et dans ma galerie d’héroïnes de l’écran nippon elle a rejoint sans problème quelques favorites, plus titrées et plus expérimentées: Yu Aoi, Aoi Miyazaki, Mao Inoue, Chizuru Ikewaki ou encore Fumi Nikaido.

Dans une carrière d’artiste, il faut du talent, du travail et de temps à autre un peu de chance, un coup de pouce du destin. Nana a fait la preuve de son talent dans bien des films, elle a la réputation d’être extrêmement travailleuse, le destin a mis sur sa route quelques grands noms déjà (Nakashima, Scorsese…) encore un ou deux rôles beaux et forts et nul doute qu’elle sera dans quelques années une des actrices les plus remarquables du grand écran, et pas seulement au Japon.

Séquences de The World of Kanako, musique: « Begin again » de Purity

2 commentaires sur « A cause de Kanako… »

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