De demain faisons table rase…

no tomorrow

‘La chose la plus rare qui soit sur terre c’est la bienveillance…personne n’est jamais gentil, c’est pourquoi il est temps de tout détruire, on commence cette nuit car il n’y aura pas de demain…’ c’est par ces mots qu’à mi-parcours, l’héroïne et unique personnage de There is no tomorrow s’exprime…

Sans nul doute je serais passé à côté de ce fort curieux (et habile) court métrage si je ne m’étais pas intéressé à la carrière et aux activités de Nana Komatsu.

Habitude et conservatisme à coup sûr, biberonné au long métrage, je ne suis jamais vraiment parvenu à entrer dans ce format, un tort car le ‘short film’ a bien souvent été une école pour de grands cinéastes…

Julien Levy

There is no tomorrow a été conçu et réalisé par un français, Julien Levy, photographe et cinéaste basé à Tokyo qui au gré de ses activités artistiques emmène ses appareils et sa caméra à New York ou à Paris. Outre Nana, il a également travaillé avec Kiko MizuharaAstrid Bergès Frisbey ou encore Pauline Hoarau.

There is no tomorrow est le fruit d’une rencontre et puisque j’ai eu la chance de pouvoir m’entretenir brièvement avec Julien Levy (c’est dans de telles occasions qu’on se dit qu’internet, le chat et Facebook ont parfois du bon) je le cite: « la collaboration avec Nana sur le film, c’était avant tout une envie commune de faire un film plutôt radical ensemble, le film s’est organisé assez vite ensuite… » Lire la suite « De demain faisons table rase… »

Après la pluie, l’amour…

Nana-Akira 2

Largement relayée par la presse japonaise aujourd’hui (Yahoo News Japan, Natalie.mu, Model Press, Eiga.com, Cinema Today etc…) la campagne de promotion pour le film « Love is like after the rain » a commencé: affiche du film, bande annonce (teaser trailer d’une demi minute) et site officiel… sortie sur les écrans le 25 mai prochain.

Il s’agit de l’adaptation live d’un manga de Jun Mayuzuki paru en 2014. ‘Love is like after the rain’ est une traduction littérale de 恋は雨上がりのように, nul doute que les titres alternatifs que l’on trouve ça et là, ‘Koi Ame’ ou ‘Love after the rain’ s’imposeront.

Love is like after the rain
Love after the rain

L’héroïne, Akira Tachibana, est une jeune lycéenne qui travaille à mi-temps dans un petit restaurant familial et elle s’éprend rapidement du gérant, un homme d’âge mûr. Le thème semble on ne peut plus ‘cliché’ surtout au Japon où films, nouvelles et bien sûr manga ont visité et revisité bien des fois de telles trames d’amours ‘interdits’.

Toutefois, l’histoire peut s’avérer tout à fait captivante pour tout un ensemble de raisons. Les deux êtres qui vont se rencontrer ont été blessés par la vie. Masami, interprété par Yo Oizumi est un homme marqué par son divorce et la jeune Akira aurait dû suivre le destin d’une sportive de haut niveau mais une blessure a anéanti tous ses espoirs. Lire la suite « Après la pluie, l’amour… »

Mortelle Randonnée…

Destruction Babies de Tetsuya Mariko (2016)

trio

Critique (spoilers modérés): qu’est-ce qui pousse Taira, ce jeune homme bestial qui sans raison, sans motivation particulière frappe, brutalise et cogne tous ceux qui ont le malheur de croiser son chemin? Une apparente absence de réponse ou d’analyse a parfois amené des critiques fort négatives pour le film, présenté et dénoncé comme un simple exercice de style mettant en scène de la violence gratuite.

D’autres a contrario -et j’en suis- voient là une oeuvre forte à la mise en scène millimétrée qui laisse au spectateur le choix entre une et plusieurs explications quant aux racines du mal…

Tourné dans le paisible port de Mitsuhama tout près de la très jolie ville de Matsuyama (île de Shikoku) le film offre le récit d’une mortelle randonnée qui démarre en solo et se termine en trio destructeur. Dès les premières images, on comprend que ça ne va pas être de tout repos.

Le jeune frère de Taira, Shota (Nijiro Murakami), s’apprête à prendre le bac pour rentrer chez lui et depuis l’autre rive, il voit Taira en mauvaise posture, agressé et tabassé par une bande locale. Il ne le reverra plus car celui-ci prend la fuite et se dirige vers la ville… Lire la suite « Mortelle Randonnée… »

Kanako, Kaori, Natsume et les autres…

Petite galerie de portraits. Les personnages interprétés par Nana Komatsu dans divers films. Pour chacun de ces personnages, un petit commentaire rapide et une appréciation sur la qualité du film et la performance de l’actrice.


  • Kanako Fujishima: The world of Kanako (2014). Film: A. Performance: A

Premier rôle et une révélation. Elle y incarne un personnage monstrueux dénué de toute notion du bien et du mal. Saisissant ! Rôle principal.

  • Yuni Kururugi: Close Range Love (2014). Film: D- . Performance: C

Le besoin de souffler après Kanako sans doute, et de jouer une gentille. Script très pauvre, mise en scène plate, difficile de briller… mignon. Rôle principal.


  • Kaede: Prophecy (2015). Film: B-

Un simple cameo, on la voit trop peu pour se faire une idée.

  • Miho Azuki: Bakuman (2015). Film: C+. Performance: C-

Peu de temps à l’écran, elle est convaincante dans la scène à l’hôpital, le reste du temps elle est plutôt mal dirigée et assez inexpressive. Un second rôle anecdotique.


  • Yu Akabane: Kurosaki kun… (2016). Film: C . Performance: B-

A défaut d’être du grand cinéma, c’est divertissant. Tout le monde surjoue dans cette comédie (c’est le genre qui veut ça) mais Nana Komatsu est de très loin la plus drôle. Rôle principal.

  • Kaori Terasawa: Maniac Hero (2016). Film: B . Performance: B

Un film inclassable et Nana Komatsu dans un registre aussi inattendu que son look. Un second rôle très convaincant. Elle a le potentiel pour verser dans le comique.


  • Nana: Destruction Babies (2016). Film: B+ . Performance: A

Un film dur. Son personnage le plus antipathique (après Kanako). Un second rôle très solide avec une scène d’anthologie vers la fin du film. Très peu d’actrices de sa génération auraient été capables de la jouer avec autant de force, en fait à part Fumi Nikaido, je ne vois pas qui.

  • Emi Fukuju: My Tomorrow, Your Yesterday (Tomorrow I will date with yesterday’s you) (2016). Film: B. Performance: A-.

Un film très représentatif du cinéma de Takahiro Miki: romantique et fantaisiste. Nana y joue le rôle de la douce Emi. Sobre, simple, efficace. Rôle principal.


  • Natsume Mochizuki: Drowning Love (2016). Film: B+ . Performance: A-

Un film curieux et ambitieux. Nana Komatsu passe en revue pratiquement tout le registre des émotions humaines et elle excelle dans les scènes les plus sombres et les plus difficiles. Rôle principal.

  • Monica: Silence (2016). Film: A+ . Performance: B+

Une petite excursion à Hollywood avec un rôle dans un Martin Scorsese. C’est un petit second rôle mais la jeune actrice (19 ans au moment du tournage) a su interpréter sans faille le rôle d’une paysanne perdue et effrayée, broyée par un destin qui la dépasse.


  • Yukako Yamagishi: JoJo’s Bizarre Adventure… (2017) – Je ne l’ai pas encore visionné. Il s’agit d’un second rôle.
  • Ritsuko Mukae: Kids on the Slope. Sortie le 10 mars 2018. Rôle principal.

à suivre… 21 ans, 12 films, 5 récompenses (dont un Japanese Academy Award) et deux nominations. Nana Komatsu souhaite tourner avec des metteurs en scène comme Shunji Iwai  ou Mipo O, je l’espère, ça et plus encore…