De demain faisons table rase…

no tomorrow

‘La chose la plus rare qui soit sur terre c’est la bienveillance…personne n’est jamais gentil, c’est pourquoi il est temps de tout détruire, on commence cette nuit car il n’y aura pas de demain…’ c’est par ces mots qu’à mi-parcours, l’héroïne et unique personnage de There is no tomorrow s’exprime…

Sans nul doute je serais passé à côté de ce fort curieux (et habile) court métrage si je ne m’étais pas intéressé à la carrière et aux activités de Nana Komatsu.

Habitude et conservatisme à coup sûr, biberonné au long métrage, je ne suis jamais vraiment parvenu à entrer dans ce format, un tort car le ‘short film’ a bien souvent été une école pour de grands cinéastes…

Julien Levy

There is no tomorrow a été conçu et réalisé par un français, Julien Levy, photographe et cinéaste basé à Tokyo qui au gré de ses activités artistiques emmène ses appareils et sa caméra à New York ou à Paris. Outre Nana, il a également travaillé avec Kiko Mizuhara, Astrid Bergès Frisbey ou encore Pauline Hoarau.

There is no tomorrow est le fruit d’une rencontre et puisque j’ai eu la chance de pouvoir m’entretenir brièvement avec Julien Levy (c’est dans de telles occasions qu’on se dit qu’internet, le chat et Facebook ont parfois du bon) je le cite: « la collaboration avec Nana sur le film, c’était avant tout une envie commune de faire un film plutôt radical ensemble, le film s’est organisé assez vite ensuite… »

no tomorrow  making of

Visuellement l’oeuvre est riche et joue abondamment sur les lumières et les couleurs et plus précisément sur les contrastes: couleur/noir et blanc, clarté/obscurité, netteté/flou dans un style qui semble bien être une signature, une ‘patte’ propre à l’artiste au vu de ce que j’ai pu observer dans ses autres réalisations et l’un de ses photobooks.

Radical? Le propos l’est assurément et tout au long des 10 minutes du film, l’actrice se livre à un long monologue sombre et désenchanté d’où émergent deux pulsions et tensions: le besoin de révolte et le désir, le besoin d’extase, charnelle.

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Mon travail porte sur l’amour, la perte, le désespoir…

… et la nécessité de la révolte ». Levy s’explique sur le moteur essentiel de sa démarche artistique sur cette page. Le film a suffisamment de souplesse pour laisser sa part d’interprétation au spectateur, du constat désabusé sur le monde, sur l’autre, sur le partenaire émergent les possibles voies du salut pour échapper à l’ennui, au néant.

Nana Komatsu est également assez radicale. Ceux et celles qui sont habitués à l’image de la douce « reine du shojo » que l’on voit si souvent aussi bien dans les quelques romances qu’elle a tournées (Close Range Love, Kurosaki Kun, My Tomorrow/Your Yesterday) que dans de nombreux clichés de mode ou de marques seront surpris de découvrir une Dark Nana qui du maquillage des yeux aux vêtements verse dans la noirceur et l’alcool…

Sombre certes mais avec une petite touche espiègle et décalée. Sa prestation est excellente, elle peut tenir la distance sur un monologue en se basant sur ses atouts maîtres: sa voix, ses regards. Là ou trop souvent certains gesticulent et en rajoutent, un bref changement d’expression suffit pour qui sait et veut bien regarder.

Comme avec certaines scènes de Drowning Love, Destruction Babies et même Maniac Hero, la petite ‘princesse du Shojo’ montre autre chose. Versatile, dans le bon sens du terme, polyvalente et inattendue. Qu’est-ce qu’on dit déjà ou plutôt qu’est-ce qu’on clique? Ah oui, j’aime…

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Et maintenant, pas demain, place au film…

 

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