Retour sur Close Range Love

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Yuni Kururugi est une lycéenne, élève très brillante mais profondément solitaire. La jeune fille est quasi incapable d’exprimer ses émotions: gaie, triste ou en colère, elle affiche toujours la même expression lisse, hermétique, comme si aucun événement de la vie ne pouvait l’atteindre. Les autres élèves l’ignorent ou la fuient, elle n’a qu’une seule amie et confidente dans tout l’établissement…

Autre souci pour Yuni -qui souhaite prolonger ses études aux USA- son niveau d’anglais est catastrophique. Haruka Sakurai (Tomohisa Yamashita), le nouveau et très populaire prof d’anglais va prendre les choses en main et lui donner des cours particuliers. Evidemment notre héroïne tombe amoureuse du beau professeur 🙂

Succès commercial au Japon et dans plusieurs pays asiatiques, le film est un live action, basé sur une série manga du même nom (Kinkyori Renai/近キョリ恋愛) publiée de 2008 à 2011. Après avoir découvert -comme beaucoup- Nana Komatsu dans le phénoménal et fort dérangeant Kawaki/The World of Kanako, ma déception fut assez grande en visionnant dans la foulée cette (trop) gentille romance au tracé linéaire, avec un personnage central bien éloigné de la flamboyance, certes vénéneuse, de Kanako.

Quatre ans après et suite à une deuxième tentative, retour rapide sur cette comédie romantique:  Close Range Love

Le problème majeur avec ce film n’est pas tant la thématique usée de la relation homme adulte/jeune fille, très présente dans les manga et drama japonais, que le script bien trop simple. Pas de twist, pas de véritables rebondissements, chaque élément ‘nouveau’ laisse immanquablement anticiper la suite sans aucun effort de la part du spectateur.

Phase 1: Yuni prend des cours d’anglais et tombe amoureuse du fringant professeur. Phase 2: elle peine à lui avouer ses sentiments et finalement y parvient. Phase 3: série de valses hésitations de la part de l’adulte déchiré entre son statut (enseignant et adulte responsable) et son attirance, ses sentiments pour une jolie jeune fille. Phase 4: une fois achevées les études de la brillante lycéenne, ils vont se marier. Un peu plat et assez décevant de la part de Naoto Kumazawa, un metteur en scène qui a signé Black Rainbow (un script de Shunji Iwaï, ça aide) ou Letters from Kanai Nirai.

Un film ‘sauvé’ par les acteurs et quelques scènes: j’ai davantage apprécié Tomohisa Yamashita en deuxième lecture et les seconds rôles sont plutôt bons, notamment Mizuki Yamamoto qui joue Nanami, l’amie de Yuni. Quant à Nana Komatsu, à défaut de briller, elle offre une prestation sobre mais efficace et rend le personnage crédible. A la fois fière et fragile, elle est touchante dans plusieurs scènes. Le passage des ‘larmes’ avec Miki Yamamoto est vraiment réussi, tant au niveau du dialogue que de l’expression…

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En 2018, il y a encore des gens qui pensent que les acteurs sont dans la vie réelle semblables aux personnages qu’ils incarnent à l’écran, comme les aïeux qui sifflaient et conspuaient le ‘vilain’ au temps du cinéma muet. Par conséquent, la douce et pure Yuni est un sérieux contrepoids au monstre Kanako, un élément positif en terme d’image pour le plan de carrière de Nana Komatsu.

Bonne élève, sérieuse, honnête, un peu naïve, mais aussi compliquée, seule et malheureuse, nul doute que de fort nombreuses Yuni se seront reconnues dans un personnage plutôt bien interprété. Si l’on est hostile aux romances ou tout simplement blasé par de tels films, il est vrai fort nombreux dans la production nippone, on peut passer son chemin. Si on apprécie l’actrice, le film offre malgré tout quelques bons moments.

 

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