Brèves en août


Pre-production, tournage ou post-production, quelques brèves en vrac sur les films avec Nana Komatsu à l’affiche en 2019 et 2020.


Closed Ward: le film de Hideyuki Hirayama sera comme annoncé dans les salles obscures au Japon le 1er novembre. La campagne de promotion du film n’a pas vraiment commencé mais ça ne saurait tarder. Pour le moment la production se contente de publier quelques clichés via Twitter comme celui-ci où l’on voit Yuki Shimazaki (Nana Komatsu) et sa mère (Reiko Kataoka) à l’entrée de l’hôpital.

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Ito: on en sait un tout petit peu plus sur Ito/Tapestry dont le tournage n’est pas encore complètement terminé. Une date de sortie a été fixée au 4 avril 2020 et la liste, impressionnante, des seconds rôles a été publiée. Ainsi aux côtés des deux têtes d’affiche, Masaki Suda et Nana Komatsu, on trouvera: Mizuki Yamamoto, Mitsuko Baisho, Fumi Nikaido, Ryo Narita, Mahiro Takasugi, Fumika Baba, Toshiyuki Nagashima, Takehara Pistol, Yutaka Matsushige, Misako Tanaka, Sayaka Yamaguchi, Nana Eikura et Takumi Saitou. Source: Oricon News.


Samurai Marathon 1855: le film du Britannique Bernard Rose, sorti en salles au Japon en février dernier (aux USA l’année prochaine) a eu droit à sa première américaine le 28 juin dernier pour l’ouverture du 18ème Festival du Film Asiatique de New York. Nana Komatsu, qui pour l’occasion était présente pour recevoir un Rising Asian Star Award, s’est prêtée au jeu des questions-réponses avec le metteur en scène et le public. La video, mise en ligne récemment par le Film Lincoln Center est intéressante: anecdotes de tournage, différences de pratiques entre metteurs en scène japonais et non japonais etc…

« Il faudrait que l’on voie Nana dans un film américain » Bernard Rose.


Farewell Song (Sayonara Kuchibiru): le dernier film de Akihiko Shiota poursuit son périple en Asie. Après l’exploitation en salles au Japon (sortie le 31 mai dernier) et une première au 22ème festival du film de Shangai, Sayonara Kuchibiru était présenté au 15ème festival international du film et de la musique à Jecheon, Corée du Sud. Il sera dans les salles au mois de septembre en Thailande puis en Malaisie pour la 16ème édition du JFF, Japanese Film Festival.

Hier, c’était demain

Retour sur le film My Tomorrow Your Yesterday (ぼくは明日, 昨日のきみとデートする) avec un article original publié l’an dernier par mon confrère Hervé Lacrampe, webmestre du blog AAA: Asie, Architecture, Actualités, avec son aimable autorisation bien évidemment !


L’art du mélodrame réussi

Takatoshi étudie l’art et emprunte chaque jour le même train de banlieue entre son domicile et l’université.  Un matin il croise le regard de la jeune Emi et son coeur s’emballe. Subjugué par la jeune fille, il décide de la suivre et de l’aborder. A sa grande surprise la jeune fille ne le repousse pas et une histoire s’amorce. Ils se ressemblent, chacun ayant échappé à la mort dans leur enfance. Takatoshi, timide, apprend à connaître cette fille étonnante qui semble devancer ses souhaits, anticiper ses demandes tout en connaissant des crises de larmes aussi soudaines que violentes. Mais bientôt arrive le temps des révélations le jour où il ouvre par accident le journal d’Emi.

My Tomorrow tour yesterday se révèle une superbe surprise, adapté d’un roman à succès. Il faut d’abord insister sur le cadre de l’histoire : la ville de Kyoto. Cela faisait longtemps que l’on avait pas aussi bien mis en image cette ville duale, ville ancienne faite de petites échoppes, de rues anciennes, de temples et la ville contemporaine qui a poussé en face une fois traversée le pont. Il y a de nombreuses idées de mises en scènes jouant sur ces deux faces et sur le rôle du pont. Ceci sert un propos riche en métaphores et en symboliques. Avant même la révélation intervenant au milieu du film, le réalisateur distille des éléments qui préparent au retournement de situation en rendant plus évident tout le cadre. 

(ATTENTION SPOILERS) Il faut aussi insister sur l’intelligence du scénario. C’est un mélodrame qui s’appuie sur une dimension de science fiction. Il faut être attentif car la révélation (dans le style l’étrange histoire de Benjamin Button) fait basculer la comédie romantique dans le drame sentimental. C’est une histoire d’amour triste. Et une fois ce mystère résolu, un second souffle fait encore progresser l’intrigue. Et tout le montage astucieux alternant flashback, saut dans le temps, retour dans le présent détricote l’écheveau de mystères. Chaque détail placé dans l’intrigue vient s’imbriquer dans une histoire vraiment très belle, très simple, sans effets spectaculaires. 

Les acteurs portent littéralement sur leurs épaules cette fascinante histoire. Fukushi Sota est impeccable dans la peau de cet étudiant maladroit, timide s’ouvrant à un amour. Il met parfaitement en scène l’évolution de son caractère face à l’ampleur de la révélation : sidération, colère, passion, engagement. Le tout porté par son amour du dessin. Quant à Nana Komatsu, elle irradie littéralement la pellicule, à la fois fragile, sensible, douce, enjouée, triste, fataliste. Car son histoire est une vraie torture, une malédiction cruelle et presque perverse. Et elle joue avec un tel naturel qu’elle emporte tout sur son passage. 

My Tomorrow your yesterday a tout pour vous plaire. Une histoire très intelligente parfaitement mise en scène et construite. Un film à concept qui redonne ses lettres de noblesse au mélodrame.


Bande annonce – Sous titres (mandarin et anglais)