Parasites Amoureux

Petit essai sur le film (spoilers modérés)

Dans sa chambre obscure, bardée d’ordinateurs et d’appareils électroniques, Kengo Kosaka prépare sa revanche contre le monde entier, un malware qui va perturber toutes les communications la veille de Noël. Il se rappelle le suicide de ses parents quand il avait 8 ans, les moqueries à l’école, le rejet…Kengo se lave et se frotte les mains avec frénésie, sa peur panique de la saleté et des germes (mysophobie) fait qu’il n’a pas sa place dans ce monde.

Ailleurs, Hijiri Sanagi termine un livre, allongée dans un parc. Elle rencontre des enfants, elle les déteste, eux et leurs regards scrutateurs. Hijiri ne supporte tout simplement pas d’être regardée et observée (scopophobie), elle s’est isolée du monde extérieur en portant en permanence un casque audio. Ses souvenirs à elle sont les yeux inquisiteurs d’un grand-père, un savant qui a dit à l’enfant qu’elle était, qu’elle est malade, tout comme sa mère, car un parasite vit à l’intérieur de son crâne. Hijiri pense qu’elle va mourir mais sans paniquer, elle vit avec.

La rencontre entre les deux jeunes gens paraît impossible et pourtant… Izumi, un homme mystérieux qui semble savoir beaucoup de choses contacte Kengo et lui force la main pour que non seulement il rencontre Hijiri mais qu’il prenne soin d’elle.

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Et au milieu coule une rivière

Moonlight Shadow, sorti en salles au Japon le 10 septembre dernier a été choisi pour figurer dans la sélection Nippon Cinema Now du 34ème Festival International du Film de Tokyo, TIFF.

Critique de Moonlight Shadow

Le son d’une cloche s’attarde dans mon oreille, tout a commencé avec cette clochette, ce son représentait chaque instant passé avec Hitoshi, chaque jour et chaque nuit, les jours de pluie, les jours de neige, ceux des nuages et du soleil, les films que nous avons vus, les livres que nous avons lus, nos querelles, nos larmes et nos rires…‘. Devant un magnétophone, une jeune femme égrène son chagrin. Cette scène poignante ouvre le film, elle reviendra plus tard, plus complète et avec une charge émotionnelle encore plus forte. 

Cette jeune femme c’est Satsuki. L’amour de sa vie s’est tué en voiture. Avec lui, Yumiko, la petite amie d’Hiiragi, le jeune frère d’Hitoshi, a également perdu la vie. Le deuil, Hiiragi le porte sur lui en revêtant l’uniforme scolaire de Yumiko, de son côté Satsuki court, sans cesse, à perdre haleine et comme elle a perdu l’appétit elle maigrit d’une manière effrayante et s’épuise. Un jour depuis le pont où Satsuki et Hitoshi aimaient à se retrouver, celle-ci aperçoit une femme étrange entièrement vêtue de noir qui porte son doigt à ses lèvres pour dire ‘chut’, comme une invitation au silence, à l’apaisement et au mystère.

L’adaptation de la célèbre nouvelle de Banana Yoshimoto par le réalisateur malaisien Edmund Yeo tient toutes ses promesses. La pellicule de Kong Pahurak est superbe et les lumières viennent soutenir les émotions portées par les personnages. La bande son, signée Aaken/Ton That An a la même fonction, elle accompagne, avec délicatesse, sans envahir le film.

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Chienne de vie

Sakura ! C’est un pétale de fleur de cerisier que la petite Miki ramasse alors qu’elle tient dans ses bras un chiot qu’elle et ses deux frères viennent de récupérer d’une portée. Le petit animal s’appellera donc Sakura et deviendra le témoin discret mais néanmoins omniprésent et attentif de la vie de la famille Hasegawa.

Gentille petite famille d’ailleurs, tout ce qu’il y a de plus conventionnel. Le père a un emploi stable, le couple s’occupe avec tendresse de leurs trois enfants, dans un esprit de dialogue comme l’attestent certaines discussions à table sur le pourquoi et le comment de leur venue au monde. Le temps passe, les enfants grandissent.

Hajime (Ryo Yoshizawa) est l’aîné, un jeune homme brillant, joueur de base ball et extrêmement populaire au lycée, notamment auprès des filles. Hajime fera sans nul doute de belles études. En comparaison, Kaoru, son jeune frère, paraît bien terne. Réservé et vraiment peu loquace il traîne son air maussade partout où il va. Enfin il y a leur jeune soeur Miki, dynamique, impétueuse mais parfois puérile et imprévisible, elle voue à Hajime un véritable culte.

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Au fil de leurs vies

Deux jeunes adolescents fuient à perdre haleine dans le froid et la neige, la police est à leurs trousses, dépêchée par la famille de la petite Aoi. Brutalisée par son beau-père, trahie par une mère dépassée et incapable de la défendre, celle-ci s’en remet à Ren, il a fait le serment de la protéger.

Dans la grande île d’Hokkaido, Ren et Aoi s’aimaient quand ils avaient treize ans pendant l’ère Heisei (1989-2019). La violence des adultes les a séparés, puis la vie, tout simplement, les a maintenus éloignés l’un de l’autre. Elle les fera se rencontrer à nouveau et ce plusieurs fois sans que pour autant ils puissent renouer le fil. La nouvelle ère, Reiwa, permettra-t-elle que ce qui a été rompu soit réparé? Ito est un voyage à travers le temps et l’espace et le récit de retrouvailles difficiles sur le chemin de la vie, en dépit des coups du sort.

Avec plus de quarante films au compteur, Takahisa Zeze est un metteur en scène à la fois prolifique et éclectique qui a réalisé des oeuvres aussi différentes que Tokyo X Erotica, Pandemic ou plus récemment The Promised Land. En 2020, il porte à l’écran Ito (Tapestry: the thread of our lives), à partir d’un script écrit par Tamio Hayashi, librement inspiré par la chanson Ito de Miyuki Nakajima, un hit de 1992, toujours populaire .

Le film aurait dû sortir au printemps, le 24 avril, après une campagne de promotion dans laquelle les deux acteurs vedettes (Masaki Suda et Nana Komatsu) se sont beaucoup investis. La crise sanitaire et la proclamation de l’état d’urgence au Japon ont amené la production à repousser la date au 21 août. Malgré tout, Ito a pu rencontrer son public, séduisant de nombreux spectateurs par delà les générations, se plaçant dans le Top 10 du box-office de l’année (n°6 ou n°8 selon les sources).

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