Choses de la vie

Petit essai sur The Last Ten Years...

Premières images: une chambre d’hôpital, sur un lit une patiente et à côté d’elle dans un fauteuil roulant, Matsuri Takabayashi, à peine 20 ans. Toutes deux regardent les videos souvenirs de celle qui va bientôt s’en aller. Qui était-elle cette femme qui offre sa caméra à la jeune Matsuri et lui conseille de vivre sa vie au mieux, pour le temps qui lui reste. Matsuri a dû la rencontrer lors de son très long séjour clinique (deux ans) parce qu’elle aussi souffre d’une forme grave d’Hypertension Artérielle Pulmonaire (HTAP), une affection qui touche moins d’une personne sur cent mille et dont l’issue est fatale, dans un délai allant de quelques mois à quelques années. Pas de guérison possible, juste des traitements palliatifs…

Pour faire ce film, le réalisateur Fujii Michihito ainsi que son actrice vedette Komatsu Nana ont rencontré la famille de l’écrivaine Ruka Kosaka qui n’eut pas la chance de voir sa fiction ‘Yomei Ten Nen/The Last Ten Years’ sur les présentoirs des librairies car la maladie l’a emportée avant même la publication en 2017. Elle souffrait du même mal que l’héroïne de son roman et comme elle, elle s’est efforcée de vivre pleinement ses dernières années. Le film, basé sur son livre, est son histoire.

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Parasites Amoureux

Petit essai sur le film (spoilers modérés)

Dans sa chambre obscure, bardée d’ordinateurs et d’appareils électroniques, Kengo Kosaka prépare sa revanche contre le monde entier, un malware qui va perturber toutes les communications la veille de Noël. Il se rappelle le suicide de ses parents quand il avait 8 ans, les moqueries à l’école, le rejet…Kengo se lave et se frotte les mains avec frénésie, sa peur panique de la saleté et des germes (mysophobie) fait qu’il n’a pas sa place dans ce monde.

Ailleurs, Hijiri Sanagi termine un livre, allongée dans un parc. Elle rencontre des enfants, elle les déteste, eux et leurs regards scrutateurs. Hijiri ne supporte tout simplement pas d’être regardée et observée (scopophobie), elle s’est isolée du monde extérieur en portant en permanence un casque audio. Ses souvenirs à elle sont les yeux inquisiteurs d’un grand-père, un savant qui a dit à l’enfant qu’elle était, qu’elle est malade, tout comme sa mère, car un parasite vit à l’intérieur de son crâne. Hijiri pense qu’elle va mourir mais sans paniquer, elle vit avec.

La rencontre entre les deux jeunes gens paraît impossible et pourtant… Izumi, un homme mystérieux qui semble savoir beaucoup de choses contacte Kengo et lui force la main pour que non seulement il rencontre Hijiri mais qu’il prenne soin d’elle.

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Et au milieu coule une rivière

Moonlight Shadow, sorti en salles au Japon le 10 septembre dernier a été choisi pour figurer dans la sélection Nippon Cinema Now du 34ème Festival International du Film de Tokyo, TIFF.

Critique de Moonlight Shadow

Le son d’une cloche s’attarde dans mon oreille, tout a commencé avec cette clochette, ce son représentait chaque instant passé avec Hitoshi, chaque jour et chaque nuit, les jours de pluie, les jours de neige, ceux des nuages et du soleil, les films que nous avons vus, les livres que nous avons lus, nos querelles, nos larmes et nos rires…‘. Devant un magnétophone, une jeune femme égrène son chagrin. Cette scène poignante ouvre le film, elle reviendra plus tard, plus complète et avec une charge émotionnelle encore plus forte. 

Cette jeune femme c’est Satsuki. L’amour de sa vie s’est tué en voiture. Avec lui, Yumiko, la petite amie d’Hiiragi, le jeune frère d’Hitoshi, a également perdu la vie. Le deuil, Hiiragi le porte sur lui en revêtant l’uniforme scolaire de Yumiko, de son côté Satsuki court, sans cesse, à perdre haleine et comme elle a perdu l’appétit elle maigrit d’une manière effrayante et s’épuise. Un jour depuis le pont où Satsuki et Hitoshi aimaient à se retrouver, celle-ci aperçoit une femme étrange entièrement vêtue de noir qui porte son doigt à ses lèvres pour dire ‘chut’, comme une invitation au silence, à l’apaisement et au mystère.

L’adaptation de la célèbre nouvelle de Banana Yoshimoto par le réalisateur malaisien Edmund Yeo tient toutes ses promesses. La pellicule de Kong Pahurak est superbe et les lumières viennent soutenir les émotions portées par les personnages. La bande son, signée Aaken/Ton That An a la même fonction, elle accompagne, avec délicatesse, sans envahir le film.

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Chienne de vie

Sakura ! C’est un pétale de fleur de cerisier que la petite Miki ramasse alors qu’elle tient dans ses bras un chiot qu’elle et ses deux frères viennent de récupérer d’une portée. Le petit animal s’appellera donc Sakura et deviendra le témoin discret mais néanmoins omniprésent et attentif de la vie de la famille Hasegawa.

Gentille petite famille d’ailleurs, tout ce qu’il y a de plus conventionnel. Le père a un emploi stable, le couple s’occupe avec tendresse de leurs trois enfants, dans un esprit de dialogue comme l’attestent certaines discussions à table sur le pourquoi et le comment de leur venue au monde. Le temps passe, les enfants grandissent.

Hajime (Ryo Yoshizawa) est l’aîné, un jeune homme brillant, joueur de base ball et extrêmement populaire au lycée, notamment auprès des filles. Hajime fera sans nul doute de belles études. En comparaison, Kaoru, son jeune frère, paraît bien terne. Réservé et vraiment peu loquace il traîne son air maussade partout où il va. Enfin il y a leur jeune soeur Miki, dynamique, impétueuse mais parfois puérile et imprévisible, elle voue à Hajime un véritable culte.

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