Préparez vos mouchoirs


Dernière minute (3 avril) : la sortie du film est finalement repoussée. Initialement prévue pour le 24 avril, la sortie en salles est reportée compte tenu de la crise sanitaire. La nouvelle date sera communiquée ultérieurement.


Aoi Sonoda (Nana Komatsu) et Ren Takahashi (Masaki Suda) se sont rencontrés très jeunes, à l’âge de 13 ans: premier lien et premier amour mais ils ont été arrachés l’un à l’autre. Aoi, maltraitée par son beau-père, est emmenée par la police et placée en un lieu plus sûr, loin de Ren: première séparation! Ils se retrouvent des années plus tard, à l’âge de 21 ans, mais ne parviennent pas à renouer. Enfin, le destin les réunit une dernière fois alors qu’ils ont en quelque sorte fait leur vie, tous deux ayant passé la trentaine…

Ceux et celles qui l’ont d’ores et déjà visionné (projections presse, screeners) parle d’un film visuellement très réussi mais annoncent la couleur: les spectateurs qui fondent en regardant un mélodrame vont apparemment en avoir pour leur argent.

Compte tenu de l’évolution parfois rapide de la situation sanitaire et des mesures ou recommendations émanant du gouvernement japonais, il n’est pas exclu que la sortie du film -prévue pour le 24 avril- soit reportée. Pour le moment la campagne de promotion suit son cours: spots TV et passages obligés du couple vedette lors de shows divers.

Comptes officiels: Site du filmTwitterInstagram. Fiche du film en anglais sur AsianWiki.


TV CM 1 – 15″


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Aoi Sonoda dans Ito

A moins que la production ne décide d’en reporter la sortie si de nouvelles mesures de confinement et de fermetures sont prises au Japon, Ito sera bien dans les salles obscures le 24 avril prochain. Le film de Takahisa Zeze (Rakuen, Pandemic, The Chrysanthemum and the Guillotine …) s’inspire librement de la chanson de Miyuki Nakajima, un hit de 1992 et raconte l’histoire mouvementée de deux jeunes gens qui se sont rencontrés enfants et qui par la suite n’ont cessé de se retrouver et …de se manquer.

Nana Komatsu sera Aoi Sonoda, une jeune femme dont l’enfance a été difficile, elle retrouve à l’écran Masaki Suda, un partenaire qu’elle connait bien pour avoir tourné avec lui deux films (Drowning Love et Destruction Babies) et plusieurs Clip/CMs pour la marque Niko and. Ci-dessous, série d’instantanés diffusés par la production, la plupart en HD.


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Kanako, le venin

Dans toutes les religions, le diable, le démon, les diverses incarnations ou représentations du Mal, ont tous quelque chose en commun: la conscience du mal qu’ils font. Ce n’est pas le cas de Kanako, une adolescente dénuée de tout sens moral, de remords, sans aucune notion du bien et du mal.

Policier déchu, mari violent et alcoolique, Showa Fujishima (l’excellent Koji Yakusho) part à la recherche de sa fille, à la demande de son ex-femme. Kanako a disparu et la quête du père dans des milieux interlopes devient une descente aux enfers. En découvrant peu à peu le monstre qu’est sa fille, il sera révélé à lui-même. Non seulement ils sont du même sang mais c’est un événement bien précis qui a ôté à Alice/Kanako son innocence et l’a précipitée dans un puits sans fond.

Kanako n’est en fait qu’une représentation, un condensé des pires tares adolescentes. Le mal qu’elle génére, les souffrances qu’elle inflige aux autres ou plutôt qu’elle fait infliger aux autres, en parfaite manipulatrice, tout cela elle le fait simplement parce qu’elle peut le faire et parce que c’est ‘fun’, rien d’autre ! Comme le lui dit une enseignante, elle n’est qu’une ‘coquille vide’ qui ressemble étrangement à ceux et celles de la rubrique faits divers.

Si l’on met bout à bout la somme mensuelle de ces faits divers qui égaient les journaux, les pays soit-disant développés et civilisés sont des fabriques constantes de l’immonde : meurtres gratuits pour une cigarette refusée ou un regard, SDFs tabassés voire brûlés vifs, copines entraînant leur ‘meilleure amie’ (sic) dans une cave pour que des salopards la violent, tortures d’animaux, le tout filmé et posté sur Internet, c’est ‘fun’…

La réalité est en fait bien pire que la fiction, même passée au moule nihiliste de Tetsuya Nakashima. Dans sa fable noire et pessimiste, il n’épargne guère les adultes, suggérant ainsi que si des jeunes gens sont ce qu’ils sont et font ce qu’ils font, c’est qu’ils ont été à ‘bonne école’.

Au bout du compte, autant partir du fait que le monde dans lequel nous vivons est bien celui de Kanako, en l’acceptant on sait à quoi s’attendre et au final, on ne peut avoir que de bonnes surprises.

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Famille et épouvante

Retour sur Kuru/It comes, un film de Tetsuya Nakashima (2018) avec Haru Kuroki (Kana), Satoshi Tsumabuki (Hideki), Nana Komatsu (Makoto), Junichi Okada (Nozaki) et Takako Matsu (Kotoko). Billet signé Hervé Lacrampe, confrère, ami et blogmestre de AAA (Asie, Architecture, Actualités) avec son aimable autorisation bien sûr: Article Original


Tetsuya Nakashima n’est peut être pas encore très connu du grand public occidental mais au Japon et dans les festivals ses films font mouche. De Souvenirs de Matsuko à The World of Kanako en passant par Confessions, son style s’est affirmé : coloré, déjanté, parfois psychédélique mais aussi noir, clinique. Au travers d’histoires originales ou tirées de manga, romans, il offre des films coup de poing autour de la vengeance (Confessions), de drames humains (Souvenirs de Matsuko), de manipulation (The World of Kanako) magnifiés par un montage d’orfèvre et un sous texte riche. C’est avec beaucoup de curiosité et d’attente que son nouveau film Kuru a été appréhendé. 

Hideki est un homme à qui tout sourit. Dans son travail, il réussit et fait l’admiration de ses collègues et amis. Son mariage avec Kana a été somptueux et leur jeune nouveau-née le comble. Preuve de ce bonheur, son blog qu’il tient quotidiennement et qu’il nourrit de sa vie de jeune papa. Mais les apparences cachent de lourds secrets. Et quand une force étrange remontant du passé jette le trouble dans la vie d’Hideki, celui-ci sombre peu à peu dans la peur. Le couple semble au bord de l’effondrement alors que des événement surnaturels menacent leur fille. 

Kuru c’est d’abord l’intrusion de Nakashima dans le genre horrifique car comme l’indiquent les bandes annonces et la première scène du film, nous allons plonger dans l’épouvante. Mais pas à la mode Hollywood (malgré ce que peut laisser supposer le titre anglais du film It Comes). Nous sommes totalement dans un univers asiatique où la menace est longtemps suggérée : des ombres, des regards, des sons. L’ensemble est teinté de shintoïsme, de spiritualité. Mais à la différence de nombreux films d’horreurs japonais, Nakashima y rajoute sa touche.

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