Kuru: étonnant Bogiwan !

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La trame du démon (spoilers modérés)

Hideki (Satoshi Tsumabuki) et Kana (Haru Kuroki) ont tout du jeune couple japonais idéal, période Showa. Merveilleux Papa qui alimente un blog public dans lequel chaque événement concernant leur enfant – la petite Chisa qui va naître, qui vient au monde et puis grandit- est consigné, commenté et illustré. Kana est douce et soumise, elle gère le foyer, fait la cuisine et sourit à tout le monde…

Hormis les trois premières minutes qui offrent une scène énigmatique et une séquence colorée dans le plus pur style Nakashima, le premier tiers du film ne ressemble guère à du Nakashima classique ! On a un bel album de famille façon drama, sauf que l’ensemble est quelque peu décalé et inquiétant.

Hideki est hanté par le souvenir confus et parcellaire d’une petite fille disparue dans la montagne quand il n’était lui-même qu’un petit garçon. On n’a retrouvé d’elle qu’une chaussure, rouge. Les anciens, les grands parents évoquent le nom de Bogiwan, une chose, un monstre terrifiant qui, dit-on, vient emporter les enfants méchants.

La belle famille de Kana est à l’image de l’étrange atmosphère qui imprègne leur demeure. Dans leurs gestes et leurs manières brutales, il y a comme une sorte de sauvagerie, une noirceur, une force primitive.

Ce faisant, au bureau, un collègue de Hideki, Takanashi, reçoit un visiteur venu s’enquérir de Chisa. Démarche troublante car non seulement celle-ci n’est pas encore née mais seuls Kana et Hideki savent que leur fille portera ce nom. Peu de temps après, Takanashi meurt dans des conditions atroces et inexplicables… Lire la suite « Kuru: étonnant Bogiwan ! »

Kuru est arrivé…

…et elle aussi: Makoto Higa, hôtesse, medium et fiancée de Nozaki, le personnage central du film. Deux à quatre heures de préparation et de maquillage à chaque séance pour Nana Komatsu, cheveux teints et corps couvert de tatouages et de profondes cicatrices.


Cliché officiel publié sur le compte Instagram de l’actrice

makoto-higa


En dépit de folles rumeurs qui ont un temps circulé, arguant que Nakashima ne pourrait terminer le montage de son film en temps et en heure, Kuru est bien sorti dans les salles le vendredi 7 décembre comme prévu…

Les deux semaines qui ont précédé cette sortie ont été riches en interviews et reportages, les acteurs se relayant pour assurer la promotion du film. De Oricon News à Cinema Today en passant par Eiga.com ou Model Press, il ne s’est pas passé un jour sans la parution d’un ou plusieurs articles consacrés à Kuru. Junichi Okada et Nana Komatsu se sont particulièrement investi.

Ainsi on a pu apprendre -et ce n’est pas une surprise- que le tournage n’a pas été de tout repos. Il devait durer deux mois, il en a fallu quatre et au final, Nakashima a produit un opus de 4 heures ramenées à 2 après montage pour la version en salles. Vivement le DVD/Bluray pour un Director’s Cut peut-être, des bonus intéressants en tout cas…


« Elle est devenue une excellente actrice » Nakashima

Le metteur en scène ainsi que les principaux protagonistes étaient présents pour une première spéciale au Toho Cinema de Hibiya, un quartier de l’arrondissement de Chiyoda à Tokyo, non loin du Palais Impérial.

Ce fut l’occasion de faire rire un peu l’auditoire en revenant sur les allusions, faites par les acteurs lors d’interviews, aux exigences et emportements du metteur en scène qui, fidèle à sa réputation, n’a pas ménagé son équipe… Lire la suite « Kuru est arrivé… »

De Nakashima à Nakashima

et de Kanako (2014) à Makoto (2018)

Tetsuya Nakashima, le génial metteur en scène de ‘Kamikaze girls‘, ‘Confessions‘ et ‘Memories of Matsuko‘ avait longtemps cherché sa ‘Kanako’ pour 乾き/The world of Kanako, sa fable nihiliste. Il l’a trouvée en la personne de Nana Komatsu, une jeune modèle alors assez présente dans les magazines pour ados…

Poussée par ses proches, c’est presqu’à reculons que la jeune fille se rendit à l’audition, elle n’envisageait pas une carrière d’actrice. D’elle, Nakashima dira plus tard qu’elle ne savait pas ce que c’était que jouer, que ‘ça’ lui venait ‘naturellement’ et que ses réactions à ses instructions et sollicitations avaient été un fil conducteur tout au long du tournage. Quand on connait sa réputation d’exigence (qui selon l’actrice Miki Nakatani frise la tyrannie), c’était plus qu’un compliment…

Nakashima la retrouve quatre ans plus tard. Dans ‘The world of Kanako’ il avait fait d’elle un démon au visage d’ange, cette fois sous les traits de Makoto Higa, une hôtesse qui travaille dans un bar, fiancée à un écrivain spécialiste de l’occulte (Nozoki, interprété par Junichi Okada), elle est une médium qui va défier une chose innommable et terrifiante… « Kuru/It comes » sort au Japon le 7 décembre prochain.


Mini galerie Makoto Higa (2018)


Mini galerie Kanako Fujishima (2014)

A la faveur de l’automne…

Sortie prochaine de Kuru, le nouveau film de Testuya Nakashima: nouvelle bande annonce et conférence de presse ! Défilé de mode à Tokyo sous la griffe Chanel, pub, clip vidéo pour la chanteuse Juju et sessions photos pour plusieurs magazines, Nana Komatsu n’a guère chômé ces jours-ci…

Kuru ! Plus on s’approche de la sortie en salles au Japon (le 7 décembre) et plus l’on sent qu’on va avoir affaire à un thriller absolument terrifiant et probablement violent, violence physique et surtout morale, psychologique pour des êtres humains confrontés à une créature? un esprit? un démon? une ‘chose’ indicible, une terreur implacable…

Hôtesse dans un bar, médium, petite amie d’un écrivain journaliste qui s’est spécialisé dans l’occulte, Nana Komatsu est Makoto Higa: le cheveu court et coloré, le corps couvert d’étranges tatouages et aussi lacéré par de profondes cicatrices, glauque et sexy.

Elle partage l’affiche avec trois autres acteurs/actrices qui comme elle gravitent autour du personnage central, Nozoki (Junichi Okada). Donc, selon toute vraisemblance, un second rôle très consistant tant en termes de temps à l’écran que de solidité au niveau  de l’interprétation.

Rage, effroi, colère, désespoir, des émotions fortes qu’elle va exprimer avec la force et la qualité explosive dont elle sait faire preuve quand besoin est. Actrice naturelle et aussi très ‘old school’ Nana Komatsu est très polyvalente et très capable, même lorsque le film lui-même laissait à désirer, j’ai toujours trouvé que ses prestations étaient au pire honorables, au mieux excellentes mais là, c’est vraiment une toute autre dimension…

Fini le live-action, l’histoire pour ados ou la tendre romance, des films que je ne rejette pas du tout car Koi Ame, Kids on the slope ou My tomorrow/Your Yesterday sont au cinéma ce qu’un agréable dessert est à un bon repas. Avec Nakashima, on n’est pas dans les sucreries, aussi raffinées soient elles, on bouffe du sanglier flambé à la vodka avec une sauce au vin rouge, c’est du lourd, du brutal, de l’adulte.

Nana Komatsu va nous servir deux ou trois scènes d’anthologie bien musclées comme très peu d’actrices de sa génération peuvent le faire. Une fois encore, Nakashima, qui l’avait découverte, va modifier la course de son destin. La nouvelle bande annonce (2’32):

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