Dernière chanson, pour la route

Un homme seul, un sans abri, l’air hagard… à son cou une pancarte sommaire: ‘massage – 10 minutes – 100 yens‘. Une femme d’âge mûr s’assied sur la chaise posée devant l’homme, il lui masse les épaules. Dans la ruelle sombre, Haru (Mugi Kadowaki) observe la scène, comme subjuguée. Plutôt introvertie, peu bavarde, celle qui écrit les chansons du duo indé HaruReo puise son inspiration dans sa vie personnelle mais aussi dans ces instants pas très roses du quotidien.

Akihiko Shiota (Harmful Insect, Dororo, Yomigaeri) fait voyager le spectateur dans un Japon très éloigné du glamour et du fun. HaruReo est un duo de filles qui jouent des balades folk et dans le monde de la J-pop et des idoles, ça n’attire pas des foules immenses. Que ce soit dans une grande cité comme Osaka ou dans une petite ville de province, c’est un petit pub ou bar de quartier qui accueille les musiciennes, payées en cash dès la fin d’un concert qui a attiré les curieux d’un soir et quelques fans.

Le succès est là pourtant, à défaut de promo massive, le bouche à oreilles fonctionne et des fans elles en ont, ils vont se montrer plus nombreux tandis que le dénouement approche. C’est la tournée d’adieux! Le spectateur l’apprend avant leur public et à défaut de connaître le motif exact de cette séparation, dès les premiers dialogues, dès les premiers regards, on comprend vite que la relation entre les deux jeunes femmes est au plus mal, l’atmosphère est pour le moins tendue.

Haru a rencontré Reo (Nana Komatsu) au travail, dans une blanchisserie industrielle, et l’a initiée à la musique. Si Reo chante de douces balades avec sa complice, elle a tout de la rockeuse version sombre et trash. Entière, impétueuse, maussade et agressive, elle semble être perpétuellement en quête de quelque chose ou de quelqu’un. Entre les deux jeunes artistes, il y a Shima (Ryo Narita), à la fois manager et roadie qui gère au mieux et encaisse les coups, au sens figuré comme au sens propre.

C’est presque toujours lui qui conduit le splendide SUV noir qui transporte le trio et leur matériel dans un voyage déprimant de petites salles en petites salles. Contraste saisissant que ce véhicule luxueux avec le statut, fort modeste, du duo dans le monde du show business.

Farewell Song est justement un film de contrastes, opposition entre la légèreté de la musique, des paysages et l’ambiance glauque, voire violente des coulisses, contraste aussi entre les bons côtés de la ‘vie d’artiste’ et l’absurdité, le désagréable de certaines situations. Enfin, en dépit du triangle amoureux qui se dessine peu à peu c’est surtout le contraste entre les personnalités des deux jeunes femmes qui retient l’attention.

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Le making of de Farewell Song

Sorti en salles au Japon le 31 mai dernier, présenté dans différents festivals en Asie et en Europe, Sayonara Kuchibiru (Farewell Song à l’international) est disponible en DVD ou Bluray depuis le 25 octobre. Avant la publication prochaine d’une critique du film, un petit billet pour s’attarder sur l’un des bonus offerts dans les deux formats: le documentaire du ‘making of’.

Bien que relativement court (34′) le reportage est assez intéressant car il est centré sur l’essence même de la trame, la tournée d’adieux du duo fictif de folk/pop indé Harureo (Haru + Reo/Leo) avec d’assez longues séquences à Osaka, Niigata et Hakodate. Les deux actrices vedettes, Mugi Kadowaki (Haru) et Nana Komatsu (Reo), tout comme leur ‘coach’, Ryo Narita (Shima) ne sont ni chanteurs ni musiciens et pourtant il leur a fallu s’y mettre.

Le metteur en scène Akihiko Shiota voulait quelque chose de spontané et authentique et par conséquent, malgré l’assistance de coaches, pas de doublage, pas de gestes mimés, les deux jeunes femmes plaquent des accords qu’elles ont dû apprendre et chantent vraiment des titres écrits pour l’occasion par Aimyon et Motohiro Hata. C’est ce travail, cette tension mais aussi l’enthousiasme et les joies qui transpirent dans ce documentaire.

Ci-dessous une sélection de captures d’écran ainsi qu’un court extrait.


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Brèves en août


Pre-production, tournage ou post-production, quelques brèves en vrac sur les films avec Nana Komatsu à l’affiche en 2019 et 2020.


Closed Ward: le film de Hideyuki Hirayama sera comme annoncé dans les salles obscures au Japon le 1er novembre. La campagne de promotion du film n’a pas vraiment commencé mais ça ne saurait tarder. Pour le moment la production se contente de publier quelques clichés via Twitter comme celui-ci où l’on voit Yuki Shimazaki (Nana Komatsu) et sa mère (Reiko Kataoka) à l’entrée de l’hôpital.

Site OfficielCompte Twitter


Ito: on en sait un tout petit peu plus sur Ito/Tapestry dont le tournage n’est pas encore complètement terminé. Une date de sortie a été fixée au 4 avril 2020 et la liste, impressionnante, des seconds rôles a été publiée. Ainsi aux côtés des deux têtes d’affiche, Masaki Suda et Nana Komatsu, on trouvera: Mizuki Yamamoto, Mitsuko Baisho, Fumi Nikaido, Ryo Narita, Mahiro Takasugi, Fumika Baba, Toshiyuki Nagashima, Takehara Pistol, Yutaka Matsushige, Misako Tanaka, Sayaka Yamaguchi, Nana Eikura et Takumi Saitou. Source: Oricon News.


Samurai Marathon 1855: le film du Britannique Bernard Rose, sorti en salles au Japon en février dernier (aux USA l’année prochaine) a eu droit à sa première américaine le 28 juin dernier pour l’ouverture du 18ème Festival du Film Asiatique de New York. Nana Komatsu, qui pour l’occasion était présente pour recevoir un Rising Asian Star Award, s’est prêtée au jeu des questions-réponses avec le metteur en scène et le public. La video, mise en ligne récemment par le Film Lincoln Center est intéressante: anecdotes de tournage, différences de pratiques entre metteurs en scène japonais et non japonais etc…

« Il faudrait que l’on voie Nana dans un film américain » Bernard Rose.


Farewell Song (Sayonara Kuchibiru): le dernier film de Akihiko Shiota poursuit son périple en Asie. Après l’exploitation en salles au Japon (sortie le 31 mai dernier) et une première au 22ème festival du film de Shangai, Sayonara Kuchibiru était présenté au 15ème festival international du film et de la musique à Jecheon, Corée du Sud. Il sera dans les salles au mois de septembre en Thailande puis en Malaisie pour la 16ème édition du JFF, Japanese Film Festival.

Komatsu + Suda = Ito

Nana Komatsu et Masaki Suda se partageront la vedette dans Ito (titres anglais provisoires: Tapestry/Yarn), un film de Takahisa Zeze (The Chrysanthemum and the Guillotine, Pandemic, Lowlife). Inspiré par la chanson de Miyuki Nakajima (1992), le film retrace l’histoire de deux jeunes gens qui se sont rencontrés au début de l’ère Heisei, à l’âge de 13 ans, retrouvés 8 ans plus tard sans pour autant renouer avant de voir leurs chemins se croiser de nouveau, à 31 ans, alors qu’au Japon une nouvelle ère se prépare.

La nouvelle annoncée le 9 juin dernier par la presse spécialisée n’a pas manqué de générer une certaine agitation chez les fans des deux jeunes stars. Assurément un des couples les plus charismatiques sur les écrans nippons, ils sont complices de longue date, pas seulement parce qu’ils font partie de la même agence (Stardust Promotion) mais aussi parce qu’ils ont souvent tourné ensemble: deux films, Destruction Babies et Drowning Love ainsi que plusieurs court-métrages, de longs clips promotionnels pour la marque Niko and.

Le tournage aura lieu de juillet à septembre dans un premier temps, d’autres scènes seront filmées l’hiver prochain, en des lieux aussi divers que Hokkaido, Okinawa, Tokyo et Singapour. Sortie sur les écrans en 2020.

Sources: Eiga.com, Oricon NewsSite Officiel: ItoTwitter: Ito.


Sayonara Kuchibiru/Farewell Song


Curieusement, le film n’est diffusé que dans un peu plus d’une centaine de cinémas, loin des 300 et quelques habituelles pour une sortie. Choix frileux ou astuce promotionnelle pour inscrire le film dans la durée? A en croire compte-rendus et billets sur Twitter, les salles sont pleines et mercredi 19, les deux actrices, Nana Komatsu et Mugi Kadowaki montent à nouveau au créneau pour une opération promotion au cinéma Toho de Shinjuku.

Présenté au Festival International de Shangai, dans la perspective d’une diffusion en Chine continentale, le film sortira sur les écrans à Taiwan le 28 août prochain. Avec une note moyenne de 3.7/5 sur Eiga.com, le film de Akihiko Shiota fait l’objet de critiques plutôt favorables.


Samurai Marathon 1855


Première européenne pour le film de Bernard Rose au Festival International du Film à Edimbourg, Ecosse, le 25 juin: EIFF. Ensuite l’Amérique du Nord avec une Première aux USA le 28 juin pour l’ouverture du New York Asian Film Festival. Nana Komatsu sera peut-être présente* pour recevoir un Rising Star Award, elle sera la première actrice japonaise ainsi honorée depuis Fumi Nikaido en 2014.

* selon les organisateurs du festival, l’actrice sera aux côtés du réalisateur pour une séance Questions/Réponses lors de la première, elle recevra son prix pour l’occasion. Source: NYAFF.