Quels films voir? visite guidée

Celle qui n’envisageait pas du tout une carrière d’actrice parce qu’entre autres raisons elle «n’aimait pas beaucoup parler » est aujourd’hui une des actrices les plus en vue du cinéma japonais et rares sont les articles qui ne mettent pas en avant sa très grande polyvalence. Aucun rôle, aucun film vraiment comparables, elle semble vouloir tout essayer, tout tenter, choix risqué car à force de brouiller les pistes on peut se retrouver sans marque de fabrique, sans identité.

Cette identité, le ‘chaméléon’ Nana Komatsu l’a sans nul doute grâce à son style: fondamentalement ‘old school’ elle préfère les regards et les glissements dans l’expression plutôt que de vaines gesticulations ou des phrases à rallonge. Si on ajoute à ça une réelle capacité à se montrer soudainement ‘explosive’ et un penchant certain pour les excentricités, on obtient un jeu très personnel et une présence à l’écran tout à fait unique. Suivez le guide !


les classiques

The World of Kanako: premier long métrage, premier grand rôle, un film référence qui lance sa carrière en 2014. Il y a quelques mois, Nana Komatsu déclarait humblement que c’était le montage opéré par Nakashima qui faisait du rôle de Kanako un grand rôle. Sans minimiser la qualité de la mise en relief du personnage, elle impressionne et malgré son inexpérience, elle joue à merveille aux côtés d’acteurs et d’actrices accompli(e)s dont Koji Yakusho, véritable légende vivante. Le film est une farce tragique, sombre et terriblement nihiliste, Nana Komatsu y incarne un authentique monstre dénué de tout sens moral. Critique de Hervé Lacrampe


My tomorrow, Your Yesterday: peut-être le favori d’une majorité de fans, le film de Takahiro Miki (2016) fut un succès public et critique en Asie. Un ‘film référence’ lui aussi car très représentatif d’un certain ‘style Nana Komatsu’: sobre et subtil, tout en nuances. Le film est une romance mais comme presque tous les films de Miki, une composition étoffée d’éléments poétiques, oniriques et dans le cas présent fantastiques. Un joli film qui bascule rapidement de la légèreté propre au genre à la tristesse quand deux êtres épris l’un de l’autre sont victimes d’un curieux et implacable coup du destin et du temps chronologique. Critique: Hier, c’était demain.


les dramédies

Drowning Love: une bande annonce en trompe l’oeil pour cette ‘comédie’ romantique qui sombre rapidement dans le cauchemar et la noirceur. La photographie est remarquable, l’implication des jeunes acteurs totale. L’oeuvre de Yuki Yamato a un peu le statut de film culte chez les fans de Masaki Suda et Nana Komatsu (2016). Critique: un joli bazar.

Une video musicale très bien conçue qui restitue mieux que la bande annonce l’atmosphère particulière de ce film surprenant et attachant.


Kids on the slope: même si l’on n’a pas soi-même vécu cette période, le film réussit à distiller la nostalgie des sixties quand le jazz venait s’installer au Japon. Tourné à Sasebo (préfecture de Nagasaki), sorti en 2018, Kids on the Slope est un film simple, tendre et émouvant. Nana Komatsu y incarne la douce Ritsuko, son personnage le plus sympathique sur le grand écran. Critique: Jazz, en pente douce.


Koi Ame: un très bon live action, bien rythmé. L’un des mérites du film est le traitement intelligent du thème -périlleux- de la relation jeune fille/homme d’âge mûr. Koi Ame est avant tout le récit du parcours de deux êtres dont les rêves ont été brisés, avec un retour vers l’espoir, l’accomplissement de soi. Un beau rôle pour Nana Komatsu, bien épaulée par Yo Oizumi, tous deux bien accompagnés par de bons seconds rôles (2018). Critique: Une délicieuse averse.

Kids on the slope

Koi Ame – Chanson thème


Farewell Song/Sayonara Kuchibiru: la patte du metteur en scène Akihiko Shiota pour ce ‘road movie musical’ porté par un excellent trio: Nana Komatsu, Mugi Kadowaki et Ryo Narita. Loin du sensationnel, des effets spéciaux ou des revirements surprises, le film propose des tranches de vie avec justesse et émotion et le spectateur taille la route avec le duo HaruReo, en voiture et en musique (2019). Critique: Dernière chanson, pour la route.

NB: Closed Ward/Family of strangers a probablement sa place dans cette section. Pas encore visionné…


les inclassables

Inclassables? Assurément, chacun de ces films se situe à la marge voire en dehors des catégories (action, drame, horreur, film de sabre) auxquelles ils sont censés appartenir.

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Actu Novembre (Maj)

Sortie de Samurai Marathon au Royaume-Uni en version Digital HD le 20 janvier 2020. Avant une sortie américaine par Well Go USA Entertainment, le film de Bernard Rose est diffusé Outre-Manche par Signature Entertainment. Dossier de presse disponible ci-dessous (en anglais)



Diapos en versions HQ – 5400×3600 (cliquer et choisir: afficher en taille réelle)


Remerciements à Marek Steven de Signature Entertainment pour le dossier de presse


Hochi Film Awards

Une récompense de plus pour Nana Komatsu, Meilleure Actrice dans un Second Rôle pour Kuru/It comes et Closed Ward/Family of Strangers. Elle était également nominée dans la catégorie Meilleure Actrice pour son interprétation de Leo dans Farewell Song/Sayonara Kuchibiru. 44ème Hochi Film Awards (Model Press, article en japonais)

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La Course de l’Honneur

Article publié par un ‘confrère’, agrégé d’histoire et passionné par le cinéma. Posté sur cette page avec l’aimable autorisation de l’auteur, Hervé Lacrampe, webmestre du blog AAA: Asie, Architecture, Actualités.


1855, deux années déjà que le Commodore Perry a abordé les côtes japonaises et contraint le Shogun à abandonner sa politique de fermeture aux étrangers. Une période de profonds bouleversements commence, conduisant les dirigeants à  choisir entre tradition et modernité. Une thématique riche qui a souvent inspiré les cinéastes japonais et occidentaux (Le dernier samouraïKenshin le vagabond).

Bernard Rose, réalisateur à la carrière éclectique -de Candyman à Anna Karenine– s’empare d’une histoire vraie, la naissance du marathon dans le Japon des grands seigneurs pour nous livrer une jolie oeuvre à cheval entre le film de samouraïs et la comédie.

L’histoire nous place dans la seigneurie d’Annaka dirigée par le seigneur Katsuakira Itakura. Celui-ci voit d’un mauvais oeil l’arrivée des étrangers sur les côtes japonaises et le pacte signé entre eux et le Shogun. Pour ce seigneur de l’ancien temps pétri d’honneur, c’est le signe que les samouraïs se sont affaiblis et ont perdu de leur force. Il décide de mobiliser tous les guerriers de son fief et d’organiser un marathon pour les entraîner et renforcer la discipline.

Mais cette course inquiète son vassal le jeune Jinnai Karasawa et espion au service du shogun. Dès l’ordre de mobilisation, il informe son supérieur de ce qu’il estime être un début de rébellion. Découvrant son erreur, l’agent se retrouve confronté à un dilemme : servir le shogun et laisser des assassins éliminer le seigneur ou défendre celui qu’il a injustement accusé. 

La première grande qualité du film concerne ses décors. Il est en effet entièrement tourné en décor réel, au  Nord-Ouest du Japon, dans des paysages de montagnes, de rivières, de rizières magnifiques. Non seulement le choix des lieux est superbe mais il est rehaussé par une lumière, une photographie qui magnifient chaque plan. On ne rappellera jamais assez la plus-value de ces prises d’image en décor réel par rapport au tournage en studio sur fonds verts. Tout fait réel: l’ambiance, l’humidité, la difficulté de la course dans des conditions dantesques. Les acteurs sont extrêmement crédibles dans toutes les séquences de course parce qu’ils ont réellement souffert.

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Photoshoot signé Allan Abani


Une fois n’est pas coutume, voici un post axé mode et magazine sur le blog N.K., site WordPress en langue française, d’ordinaire plutôt centré sur la carrière cinématographique de l’actrice et modèle Nana Komatsu.

Début octobre, le photographe français Allan Abani, établi à Tokyo, a travaillé avec elle pour un article et une interview pour l’édition de novembre de Tokyo Weekender, un magazine en langue anglaise lancé en 1970. Je vous invite à lire cette interview en anglais, très intéressante (bref compte rendu en français en fin de post). Allan Abani a eu la gentillesse et a pris le temps de répondre à quelques questions…


Q: Comment devient-on photographe professionnel (mode, magazines…) ? Dans votre cas, j’ai cru comprendre que l’influence artistique de votre famille a été déterminante.

Je ne pense pas qu’il y ait de recette précise pour devenir photographe professionnel. Pour moi ça a démarré avec la curiosité, puis la passion, ensuite je dirai une bonne dose de persévérance et de professionnalisme. Et le plus important, de la patience.

Q: Vous êtes né à Castres, qu’est-ce qui vous a amené du sud-est de la France au Japon et plus particulièrement à Tokyo?

Je voulais partir pour New York afin d’y lancer ma carrière, mais avant ça je suis allé au Japon pour découvrir ce pays qui me passionnait depuis longtemps. Et finalement je me suis dit “Pourquoi pas Tokyo et essayer de lancer mon business ici?”. Finalement je m’y sens mieux, et ma carrière avance bien.

Q: Une session photo avec Nana Komatsu pour TOKYO WEEKENDER c’est venu comment? Une opportunité? Un hasard heureux ou quelque chose de préparé et négocié à l’avance?

Je dirais un peu de tout ça en même temps. Je travaille souvent avec ce magazine donc nous avons organisé ça ensemble. Nous avons shooté sur le toit du fameux GINZA SIX, assez tôt le matin avant l’ouverture donc je sais qu’il y a eu beaucoup de préparation pour pouvoir shooter là bas.

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