Kanako, le venin

Dans toutes les religions, le diable, le démon, les diverses incarnations ou représentations du Mal, ont tous quelque chose en commun: la conscience du mal qu’ils font. Ce n’est pas le cas de Kanako, une adolescente dénuée de tout sens moral, de remords, sans aucune notion du bien et du mal.

Policier déchu, mari violent et alcoolique, Showa Fujishima (l’excellent Koji Yakusho) part à la recherche de sa fille, à la demande de son ex-femme. Kanako a disparu et la quête du père dans des milieux interlopes devient une descente aux enfers. En découvrant peu à peu le monstre qu’est sa fille, il sera révélé à lui-même. Non seulement ils sont du même sang mais c’est un événement bien précis qui a ôté à Alice/Kanako son innocence et l’a précipitée dans un puits sans fond.

Kanako n’est en fait qu’une représentation, un condensé des pires tares adolescentes. Le mal qu’elle génére, les souffrances qu’elle inflige aux autres ou plutôt qu’elle fait infliger aux autres, en parfaite manipulatrice, tout cela elle le fait simplement parce qu’elle peut le faire et parce que c’est ‘fun’, rien d’autre ! Comme le lui dit une enseignante, elle n’est qu’une ‘coquille vide’ qui ressemble étrangement à ceux et celles de la rubrique faits divers.

Si l’on met bout à bout la somme mensuelle de ces faits divers qui égaient les journaux, les pays soit-disant développés et civilisés sont des fabriques constantes de l’immonde : meurtres gratuits pour une cigarette refusée ou un regard, SDFs tabassés voire brûlés vifs, copines entraînant leur ‘meilleure amie’ (sic) dans une cave pour que des salopards la violent, tortures d’animaux, le tout filmé et posté sur Internet, c’est ‘fun’…

La réalité est en fait bien pire que la fiction, même passée au moule nihiliste de Tetsuya Nakashima. Dans sa fable noire et pessimiste, il n’épargne guère les adultes, suggérant ainsi que si des jeunes gens sont ce qu’ils sont et font ce qu’ils font, c’est qu’ils ont été à ‘bonne école’.

Au bout du compte, autant partir du fait que le monde dans lequel nous vivons est bien celui de Kanako, en l’acceptant on sait à quoi s’attendre et au final, on ne peut avoir que de bonnes surprises.

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Famille et épouvante

Retour sur Kuru/It comes, un film de Tetsuya Nakashima (2018) avec Haru Kuroki (Kana), Satoshi Tsumabuki (Hideki), Nana Komatsu (Makoto), Junichi Okada (Nozaki) et Takako Matsu (Kotoko). Billet signé Hervé Lacrampe, confrère, ami et blogmestre de AAA (Asie, Architecture, Actualités) avec son aimable autorisation bien sûr: Article Original


Tetsuya Nakashima n’est peut être pas encore très connu du grand public occidental mais au Japon et dans les festivals ses films font mouche. De Souvenirs de Matsuko à The World of Kanako en passant par Confessions, son style s’est affirmé : coloré, déjanté, parfois psychédélique mais aussi noir, clinique. Au travers d’histoires originales ou tirées de manga, romans, il offre des films coup de poing autour de la vengeance (Confessions), de drames humains (Souvenirs de Matsuko), de manipulation (The World of Kanako) magnifiés par un montage d’orfèvre et un sous texte riche. C’est avec beaucoup de curiosité et d’attente que son nouveau film Kuru a été appréhendé. 

Hideki est un homme à qui tout sourit. Dans son travail, il réussit et fait l’admiration de ses collègues et amis. Son mariage avec Kana a été somptueux et leur jeune nouveau-née le comble. Preuve de ce bonheur, son blog qu’il tient quotidiennement et qu’il nourrit de sa vie de jeune papa. Mais les apparences cachent de lourds secrets. Et quand une force étrange remontant du passé jette le trouble dans la vie d’Hideki, celui-ci sombre peu à peu dans la peur. Le couple semble au bord de l’effondrement alors que des événement surnaturels menacent leur fille. 

Kuru c’est d’abord l’intrusion de Nakashima dans le genre horrifique car comme l’indiquent les bandes annonces et la première scène du film, nous allons plonger dans l’épouvante. Mais pas à la mode Hollywood (malgré ce que peut laisser supposer le titre anglais du film It Comes). Nous sommes totalement dans un univers asiatique où la menace est longtemps suggérée : des ombres, des regards, des sons. L’ensemble est teinté de shintoïsme, de spiritualité. Mais à la différence de nombreux films d’horreurs japonais, Nakashima y rajoute sa touche.

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Retrospective 2019

Trois films cette année -comme en 2018- trois rôles bien différents, box-office honorables, critiques souvent élogieuses et moisson de nominations et récompenses, 2019 aura été une année riche pour Nana Komatsu qui souhaite ardemment poursuivre. Tout récemment elle se confiait à la rédaction de Elle Hong Kong, déclarant en substance: « Je veux tout essayer, découvrir ce dont je ne suis pas capable, ce que je ne connais pas (…) j’aimerais me surpasser et ouvrir de nouvelles portes » (merci à Minh Ngọc Nguyễn de Nana Komatsu 小松菜奈 VietNam pour la traduction de ce passage)


samurai marathon

Tourné au cours de l’automne 2018, le film de l’anglais Bernard Rose sort en salles au Japon le 22 février. Avec Jeremy Thomas à la production (Le Dernier Empereur), Takuro Ishizaka à la pellicule (Kenshin le Vagabond, Sakuran) et huit têtes d’affiche, le metteur en scène a réuni une véritable dreamteam. Les résultats au pays du soleil levant (et des samourai) sont toutefois en-dessous des attentes. S’il fait salle comble en province, le film est plutôt boudé à Tokyo. Côté critique, certains s’étonnent et même s’agacent qu’un ‘gaijin’ ait osé faire un film de sabre. Note Eiga.com: 2,9/5.

Au catalogue international de la société de production Gaga, le film fait le tour des festivals en Europe et en Amérique du Nord, il est très bien accueilli, notamment au Festival du Film Asiatique de New York en juin. Distribué par Signature Entertainment sur toutes les plate-formes numériques le 20 janvier 2020 au Royaume-Uni, Samourai Marathon sera également diffusé (peut-être en salles) aux USA plus tard dans l’année. Critique d’un collègue et confrère: La Course de l’Honneur.

Nana Komatsu: elle apporte une touche de ‘modernité’, originale et anachronique, dans ce ‘film de sabre’ atypique et très divertissant. Un rôle plutôt physique pour la jeune femme qui doit parfois jouer du sabre et du couteau. Prix: Rising Star Award (New York) – Nomination: Elan dOr 2020 (Japon)


farewell song

Sayonara KuchibiruFarewell Song à l’international- est également une production Gaga, un film de Akihiko Shiota (Yomigaeri, Harmful Insect) qui sort au Japon le 31 mai 2019 avec cependant une diffusion limitée à moins de 300 salles. Le metteur en scène en a écrit le script pour faire ce qu’il définit comme une « sorte de road movie musical ». Les deux actrices principales, Nana Komatsu et Mugi Kadowaki, ne sont ni chanteuses ni musiciennes, elles ont dû se mettre au chant et à la guitare pour interpréter des titres écrits pour l’occasion par Aimyon et Motohiro Hata.

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Décembre, News en vrac


Cinéma

Ito, le prochain film de Takahisa Zeze sera sur les écrans nippons le 24 avril prochain. Le tournage a été bouclé il y a peu et le film entre maintenant en phase de post-production. Librement inspiré du hit de la chanteuse Miyuki Nakajima (1992), ce long métrage met en scène les destins croisés de deux jeunes gens à différentes époques de leur vie. Nana Komatsu y retrouve Masaki Suda comme partenaire (Natalie Music) – Selon certaines rumeurs, le film serait en deux volets ou parties mais à ce jour, ce ne sont que des rumeurs 😉 – Site Officiel: ITO.


Sakura, le nouveau film de Hitoshi Yazaki (Sweet Little Lies, Strawberry Shortcakes) sortira l’été prochain. Inspiré du roman du même nom (de Kanako Nishi), le film met en scène une famille anéantie par un accident qui frappe l’un de leurs trois enfants. Nana Komatsu partage l’affiche avec Takumi Kitamura et Ryo Yoshizawa – Site Officiel: Sakura


Distribué par Signature Entertainment, Samurai Marathon sera diffusé dans le Royaume-Uni au format Digital HD sur toutes les plateformes numériques le 20 janvier prochain. Un peu décevant que dans son propre pays, Bernard Rose ne voit pas son film proposé en salles ni même porté en DVD (voir l’article Actu Novembre pour plus d’infos et le dossier de presse).


Nominations et récompenses

La cérémonie des 44ème Hochi Film Awards s’est tenue à Tokyo le 18 décembre dernier. Deux fois nominée, dans les catégories ‘Meilleure Actrice’ (pour Farewell Song) et ‘Meilleure actrice dans un second rôle’ (pour It Comes et Family of Strangers) Nana Komatsu a reçu le prix de la ‘Meilleure Actrice dans un second rôle’ (Model Press)

Nana Komatsu a également été nominée pour le prix Elan D’or 2020, une récompense attribuée chaque année au Meilleur Espoir. L’actrice a été selectionnée au vu de ses performances dans trois films: Samurai Marathon, Farewell Song et Closed Ward/Family of Strangers (ANPA)

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