Samurai Marathon 1855

‘Les Bateaux Noirs sont là’, c’est ainsi que le seigneur Itakura (Hiroki Hasegawa) désigne -comme le faisaient alors ses contemporains- les navires américains de l’escadre du Commandeur Perry.

Milieu du 19ème siècle, les dernières années du Shogunat avant la Restauration Meiji, un Japon qui hésite entre nécessité d’une ouverture et crainte d’une invasion, c’est le cadre historique de Samurai Marathon 1855, film réalisé par le metteur en scène Britannique Bernard Rose et produit par un autre sujet de Sa Majesté, Jeremy Thomas, à qui l’on doit notamment la production du phénoménal ‘Le Dernier Empereur’.

Toutefois, c’est à partir d’un fait historique mineur que Rose construit sa fiction. C’est en effet en 1855 qu’eut lieu le premier marathon au Japon, une épreuve d’endurance organisée par le seigneur Itakura, du domaine d’Annaka, dans le but d’endurcir et d’aguerrir ses samourai. L’événement est toujours célébré de nos jours et a fait l’objet d’un roman historique (de Akihiro Dobashi) dont le metteur en scène s’est en bonne partie inspiré.

Parmi les compétiteurs se trouve un certain Jinnai Karasawa (Sato Takeru), espion à la solde du Shogun. Il croit déceler dans la mobilisation et les préparatifs un complot contre le pouvoir central et lorsqu’il comprend sa méprise, il est trop tard, son courrier est arrivé et une troupe d’assassins est déjà en route. Pour compliquer les choses, la Princesse Yuki Hime (Nana Komatsu), fille du seigneur Itakura, a disparu.

Lorsque le générique de fin arrive on a le sentiment d’avoir soi-même parcouru les magnifiques paysages du Japon et la qualité de la pellicule est telle qu’il en ressort une impression de plénitude et d’apaisement, gommant les péripéties parfois violentes et mouvementées d’une histoire tout à fait singulière. La photographie, les lumières parfois surréelles sont l’oeuvre de Takuro Ishizaka qui a su magnifier les somptueux décors naturels de la préfecture de Yamagata. La bande son, jamais intrusive mais toujours perceptible, est à la hauteur de l’ensemble, elle est signée Philip Glass.

Le film comprend en gros trois parties, la première met en place les personnages, pose le décor et un montage précis et dynamique permet au spectateur d’intégrer de nombreuses informations qui auront tout leur sens par la suite. La deuxième phase est la course elle-même, égrainée de multiples incidents, tantôt comiques tantôt tragiques: certains courent par devoir, d’autres pour la gloire, d’autres encore ont de sombres desseins. Parmi les coureurs, un guerrier a tout l’air d’être une jeune femme.

Vient ensuite le final, l’apothéose, avec des scènes de combat qui n’ont rien à envier aux meilleurs films du genre, si tant est qu’on puisse classer Samurai Marathon 1855 dans la catégorie film de sabre, Bernard Rose ayant réussi à jouer entre hommage et parodie pour produire une oeuvre personnelle et originale.

Enfin, un autre atout majeur du film est son casting prestigieux avec pas moins de huit têtes d’affiche (liste complète en fin d’article). Les seconds rôles, même les plus modestes, ont également été confiés à des acteurs et actrices renommé(e)s, on remarquera entre autres Junko Abe (Still the water), Taishi Nakagawa (Kids on the slope) ou encore Mugi Kadowaki, partenaire de Nana Komatsu dans Farewell Song/Sayonara Kuchibiru.

Aux côtés du ‘couple vedette’ Takeru Satoh/Nana Komatsu, chacun fait preuve de talent dans des scènes bien intégrées dans le tissu narratif, on retiendra tout particulièrement la performance de Mirai Moriyama, impressionnant de puissance et d’énergie. Takeru Satoh avait dans ses bagages l’expérience de trois volets de Rurouni Kenshin, autant dire que sabre au clair en pleine forêt il est comme un poisson dans l’eau, imposant sa gestuelle et ses mouvements vifs et légers, c’est un acteur félin et charismatique.

Nana Komatsu s’est vu confier un rôle délicat. Le personnage de Yuki Hime ajoute une note de modernité à la fiction. Loyale envers son père et son clan, elle n’en est pas moins rebelle, obstinée et indépendante. En plus d’avoir fière allure, en princesse ou en guerrière, la jeune actrice offre là une de ses plus belles prestations, aussi à l’aise avec un pinceau qu’avec un couteau, complexe dans les émotions, convaincante dans l’action.

Samourai Marathon est un beau film, aussi surprenant que divertissant: 4/5

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Février: sabre et chansons


Samurai Marathon

Sur les écrans nippons depuis le vendredi 22 février, si Takeru Sato, Nana Komatsu et Mirai Moriyama ont été en première ligne pour assurer la promotion du film, la plupart des acteurs et le metteur en scène n’ont pas été en reste.

La société de production Gaga est actuellement en pourparlers avec différents distributeurs pour une sortie du film à l’international. Le casting de luxe, le metteur en scène britannique (Bernard Rose) et surtout le producteur du film, Jeremy Thomas, dont le nom est attaché à des oeuvres majeures comme ‘Le Dernier Empereur‘ ou ‘Furyo/Merry Xmas Mr Lawrence‘ constituent de bonnes cartes de visite.

Une scène de combat entre la princesse Yuki Hime (Nana Komatsu) et un brigand, suivie d’une des bandes annonces du film:

L’actrice s’est préparée physiquement pour le rôle afin de gérer au mieux certaines scènes d’action: équitation, maniement d’armes blanches (couteau et sabre) et bien évidemment, la course à pied. Le tournage s’est déroulé pour l’essentiel dans la préfecture de Yamagata 

Première spéciale du film en compagnie du metteur en scène et des acteurs principaux au cinéma Toho de Hibiya à Tokyo, samedi 23 février. Mini galerie: 


Sayonara lips

Première bande annonce (un petit teaser de 42s) en ligne depuis quelques jours pour Sayonara Lips (titre anglais: Farewell Song) de Akihiko Shiota, une production Gaga. Sortie en salles prévue pour le 31 mai 2019.  SITE OFFICIEL

Dans ce qui est annoncé comme un road movie musical sur fond de triangle amoureux, Nana Komatsu interprète le personnage de Leo, chanteuse et guitariste d’un duo féminin de rock indépendant ‘HaruLeo’, sur le point de se séparer après une tournée d’adieux.

Si la trame paraît simple et dans la lignée des nombreux ‘Youth Movies’ produits au Japon, on peut sans doute espérer un traitement original du metteur en scène de Harmful Insect, Wet woman in the wind, Dororo ou encore Yomigaeri. La chanson thème du film est signée Aimyon. Lire la suite « Février: sabre et chansons »

Dans l’attente du Marathon

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Actualité bien calme depuis Noël dernier, Nana Komatsu a été très peu présente aussi bien dans les magazines qu’en ce qui concerne les annonces de films, ce qui laisse supposer que certains projets (tournage et photoshoots de mode) sont en cours. Le 21 janvier dernier, l’actrice était cependant de la partie pour une soirée promotion de Samurai Marathon, sur les écrans nippons le 22 février prochain.

Le metteur en scène britannique Bernard Rose, Takeru Sato, Nana KomatsuMirai Moriyama, Shota Sometani et d’autres acteurs étaient rassemblés pour divertir le public à la Roppongi Hills Arena à Tokyo : présentation du film, une séance d’autographes et quelques interviews…

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En bref: Integrate (Shiseido) et Ora2me (hygiène et soins du corps) poursuivent leurs campagnes publicitaires avec l’actrice comme figure emblématique. Interview et photos dans les numéro de mars de Vivi et Oggi Japan.

Yuki Hime…

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La nouvelle est tombée hier et a fait la une de tous les sites japonais spécialisés (Eiga Land, Natalie Music, Cinema Today, Oricon News etc…) Nana Komatsu sera une des principales têtes d’affiche de ‘Samurai Marathon‘, une adaptation à l’écran d’un roman historique de Akihiro Dobashi, dont le titre japonais est 幕末まらそん侍 (bakumatsu marason samurai), le terme ‘bakumatsu’ faisant référence aux derniers jours du Shogunat Tokugawa).

Le roman ‘Samurai Marathon’ s’inspire de plusieurs événements historiques. Le seigneur Itakura Katsuakira (Hiroki Hasegawa) veut organiser un grand rassemblement de samouraïs qui disputeront un marathon de 58 km sur un sentier difficile et escarpé. Il souhaite préparer ses hommes dans l’hypothèse d’une invasion étrangère, une crainte et une obsession pour de nombreux dirigeants japonais dans la deuxième moitié du 19ème siècle.

Le pouvoir central à Edo (ancien nom de Tokyo) y voit la preuve d’un complot et envoie un groupe d’assassins tuer le seigneur, sa famille et ses alliés. Jinnai Karasawa (Sato Takeru), un jeune guerrier et par ailleurs agent du gouvernement central va faire son possible pour éviter le drame et faire savoir aux plus hautes autorités du Shogunat qu’il y a là une épouvantable méprise. Lors de sa ‘mission’, il va rencontrer Yuki Hime, la fille du seigneur Itakura, interprétée par Nana Komatsu. Lire la suite « Yuki Hime… »