De l’autre côté du miroir…

Critique de « The world of Kanako » de Tetsuya Nakashima. 

Voici un article publié par un ‘confrère’, posté sur cette page avec l’aimable autorisation de l’auteur: Hervé Lacrampe, webmestre du blog AAA: Asie, Architecture, Actualités.


Testsuya Nakashima aime réaliser des films qui ne ressemblent à aucun genre connu. Ses précédents films, Souvenirs de Matsuko, Confessions empruntaient des voies diverses pour nous offrir des intrigues noires, pessimistes presque nihilistes le tout filmé dans une hystérie de couleur, un dynamisme dingue et un montage hallucinant voire halluciné.

Depuis le succès monstre de Confessions (voir ici la critique) chaque nouveau film est attendu, scruté. The World of kanako sorti en 2014 ne déroge pas à la règle : thriller hors normes, film total sur fond de réécriture du conte d’Alice au pays des merveilles.

Akikasu Fujishima  fut policier, marié et avait une fille magnifique nommée Kanako. Mais à cause de son alcoolisme il finit par perdre son métier, puis sa femme. Reconverti en détective, il est contacté par son ex-compagne. Leur fille vient de disparaître. Devant la lenteur de la police et l’insistance de son épouse, Akikasu se lance dans l’enquête et va découvrir l’univers sombre de sa fille, une adolescente bien sous tout rapport, adorée et enviée mais qui cache de lourds secrets.

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A cause de Kanako…

Kanako

A l’automne 2014, j’attendais avec impatience le dernier opus du réalisateur japonais Tetsuya Nakashima: 乾き/The world of Kanako. Nakashima m’avait enthousiasmé avec des oeuvres sidérantes telles que Memories of Matsuko ou Confessions, et avec le casting annoncé (Koji Yakusho, Miki Nakatani, Joe Odagiri…) je me disais que le film s’annonçait prometteur.

Je suis sorti éreinté de la séance, un tourbillon, des phases d’accélération qui laissent à peine le temps de digérer l’information, un déluge graphique et une descente infernale dans les recoins les plus sombres de l’âme humaine. Pour avoir vu le film quatre fois, je suis formel, c’est l’oeuvre cinématographique la plus misanthrope qu’il m’ait été donné de voir. Et il y avait Kanako…

Une certaine Nana Komatsu? Quoi? Comme le personnage de manga? Une recherche rapide me permettait alors d’apprendre qu’elle était une jeune mannequin et que c’était là son premier rôle dans un long métrage. Et quelle performance! Je me demandais comment une jeune fille de 18 ans avait pu interpréter un personnage aussi monstrueux et dénué de toute conscience, compassion et humanité avec une telle aisance.

Les critiques furent tout autant surpris que moi et la jeune débutante se trouva élevée au rang de prodige avec en prime un Japanese Academy Award l’année suivante. Lire la suite « A cause de Kanako… »